6 fé, 2012
Le sud de l'Europe en avance sur le sud de la France
La mairie de Barcelone a installé 5 contenaires différents tout les 100m dans les avanues et les rues de la ville pour le tri et la valorisation des déchets.
De gauche à droite nous pouvons voir les containers pour le papier, verre, emballages, résidus non triés et pour finir... on notera à droite le container "matière organique" qui permet que les déchets fermentissibles soient valorisés en compost pour l'amendement des sols agricoles. En France depuis les lois Grenelle c'est maintenant obligatoire de les valoriser. De plus brûlent mal et polluent s'ils sont éliminés dans les incinérateurs (ils participent à la formation de dioxine, et augmentent le taux de résidus imbrulés). En cas de mise en décharge ils créent des nuisances, odeurs et éparpillement des déchets par les oiseaux qui viennent s'y nourrir. Le ramassage systématique permettait aussi d'éviter de construir des grosses usines de Traitement Mécano-Biologique, qui sont sensées séparer la matière organique des autres déchets, mais qui fonctionnent très mal (en réalité c'est à la source que l'on peut séparer le plus simplement et efficacement). Par contre ils coûtent cher: c'est une solution qui convient aux industriels, mais pas à l'environnement ni aux budgets des collectivités territoriales (c'est à dire à nos portefeuilles).
Autre exemple la mini-déchetterie devant la gare de Figueres:
on y trouve dans l'ordre: CD DVD, cartouches d'imprimante, piles, telephones mobiles, bouchons de liège, ampoules basse consommation, ampoules hallogènes.
Pour chaque type de déchets une description très détaillée du type de recyclage et réutilisation est affichée (les cartouches d'imprimantes sont re-remplies et revendues).
En tout cas on encourage notre département des Hautes-Pyrénées à ne plus être le dernier territoire européen à prendre en main ses déchets par un tri à la source, en particulier pour la valorisation de la matière organique.
En effet le choix fait dans l'actuel plan départemental des déchets est "la grosse machine qui fera tout à notre place": le TMB... mais celui-ci s'il arrivait à s'installer (mais il ne le fera pas), génererait des composts pollués, donc ne respectant pas les nouvelles normes, puerait à Borderes-sur-l'Echez et coûterait très cher (30 millons + les frais de fonctionnement). Alors que le tri à la source, et en particulier le compostage domestique est bien plus efficace et génère au contraire une économie en réduisant le volume du ramassage!
Il faut pour cela mettre en place la redevance incitative RI, qui incorpore pour les particuliers des réductions de facture en fonction du poids de ramassage de leur poubelle. Cette RI est elle-aussi prévue dans les lois Grenelles. On peut apprendre à faire son compost grâce au livret "Faire son compost" de l'ADEME. Il faut aussi proposer aux copropriétés et autres gros producteurs de déchets organiques la mise en place et le suivi de composteurs par des "Guides composteurs" qualifiés. Des associations de promotion du compost et de guides composteurs sont organisées en réseau dans toute la France et proposent ce genre de service. Il y a encore très peu de guides composteurs en Midi-Pyrénées, donc formons-nous et accompagnons ce travail important et urgent.
N'oublions pas non plus qu'il nous appartient de consommer autrement, plus local, moins emballé, moins supermarché, plus marché de producteurs, moins jetable, etc... pour générer moins de déchets!
Un peu de courage et on aura moins de déchets et moins de décharges!
7 jan, 2012
Le compostage domestique pour réduire les 30% des déchets les plus problématiques
C'est un défi d'actualité depuis les Grenelles de l'environnement: réduire le volume et la toxicité de nos déchets.
La solution la plus rapide et efficace qui est mis en oeuvre sur plusieurs territoires français: le compostage domestique peut réduire à lui seul 30% du poids des poubelles et élimine une grosse source de pollution. De plus il réduit les coûts de ramassage et de traitement alors que les solutions techniques comme le Tri Mecano Biologique (TMB) est un gouffre financier autant qu'il est inefficace! Voir une vidéo sur le désastre des TMB.
Un réseau national est déjà actif pour généraliser le compostage domestique. C'est le réseau compost citoyen. Adhérons-y! Pour plus d'infos sur les déchets en général, il y a le Centre national d'information indépendante sur les déchets (Cniid), et aussi l'ADEME.
Voici un article sur la politique des déchets mise en place par l'agglomération de Besançon, appelée "compostage à tout les étages". Il s'agit de s'appuyer sur la force de l'associatif et du réseau compost citoyen pour aider à installer des composteurs dans toutes les copropriétés urbaines même la où il y a peu de place. C'est subventionné par la mairie et ça coûte beaucoup moins cher que les TMB et autres gadgets techniques inefficaces promus par les "industriels de l'environnement".
Compostage de proximité :
le traitement des bio déchets du Grand Besançon
Ce que les élus en attendent_:
- Limiter le coût du traitement des déchets
- Responsabiliser les habitants face à leur production de déchets
- Amener les habitants à un meilleur tri
- Créer du lien social et valoriser l’action collective
- Amener les habitants à s’approprier leur cadre de vie
- Créer de l’emploi non délocalisable
- Limiter les investissements coûteux et surdimensionnés en mutualisant avec d’autres territoires ceux qui sont nécessaires et en privilégiant les solutions de proximité.
Le Syndicat de traitement des déchets de Besançon et de sa région - SYBERT - regroupe 8 adhérents à compétence collecte : 7 communautés de communes de type rural et la Communauté d’agglomération de Besançon, soit 198 communes et 225_000 habitants. Cette situation particulière, où les deux compétences (collecte et traitement) ne dépendent pas de la même collectivité et où les élus appartiennent à des sensibilités politiques très diverses, oblige à la recherche constante de consensus.
Sur ce territoire, l’étude du contenu des conteneurs d’ordures ménagères résiduelles (OMR) montre que les bio déchets y sont présents à hauteur de 30% minimum, que ce soit en zones d’habitat urbain dense ou rural, comme sur l’ensemble du territoire national.
Ces OMR sont incinérées avec une valorisation énergétique dans un incinérateur comportant deux fours dont l’un datant de 1976 traite 20_000 tonnes, l’autre 32_000 tonnes. En 2005, une réflexion a débuté pour décider de la manière de traiter les déchets lorsque cet ancien four ne serait plus en état de fonctionner. A cette époque, il était encore habituel de croire que les tonnages de déchets à traiter continueraient à augmenter. Mais la consultation large lancée auprès des habitants, les études menées localement sur les dioxines et le coût financier d’un nouveau four ont persuadé les élus que la matière organique ne devait plus être incinérée. On parlait alors de méthaniseur. La collecte sélective de bio déchets était également écartée de par son coût financier et son mauvais bilan carbone.
Après les élections municipales de 2008, une nouvelle étude est lancée pour établir un projet global de gestion des déchets, en tenant compte des objectifs de réduction des déchets du Grenelle de l’environnement, de la volonté d’écarter 20_000 tonnes de l’incinérateur et en s’appuyant de façon systématique sur la hiérarchie de traitement des déchets: 1-prévention, 2-réutilisation, 3-recyclage et valorisation matière, 4-incinération avec valorisation énergétique, 5-enfouissement.
Le contexte a changé. Contrairement aux prévisions, le tri sélectif n’a pas fait baisser le prix payé par l’habitant et les élus se montrent plus réservés face aux solutions industrielles de traitement. La prise de conscience environnementale est beaucoup plus partagée. Sur les territoires proches, les incinérateurs récents sont surdimensionnés et pourraient recevoir des surplus ponctuels d’OMR. Besançon, avec ses 120_000 habitants, avait déjà mis en place la redevance au volume en 1999 et s’apprête à passer à la redevance incitative au poids (une exception pour une ville de cette taille). Petit à petit, tous les autres adhérents du SYBERT se donnent comme objectif de passer à une redevance incitative. Les habitants du pavillonnaire anticipent ce changement et les achats de composteurs augmentent…
L’étude sur le projet global de gestion des déchets montre que le SYBERT n’a pas la taille critique pour construire un méthaniseur_; les expériences existantes ne sont d’ailleurs pas probantes quant à leur bilan environnemental global. D’autres solutions comme le tri mécano-biologique ou le criblage des OMR pour extraire la matière organique suivi de leur compostage en plate-forme sont également envisagées. Mais le coût est aussi élevé que celui du méthaniseur et, pour être supportables, toutes ces solutions supposent que les tonnages soient au moins stables, ce qui est contraire à la tendance observée actuellement.
En juin 2010, après un partage des résultats de l’étude avec l’ensemble des acteurs_: élus des communes, ADEME, Conseil Général, la décision est prise: pour ce qui concerne le traitement de la matière organique, le SYBERT choisit le «compostage à tous les étages».
Aussitôt la situation de l’habitat dense, qu’il soit de cœur de ville ou d’immeubles collectifs apparaît comme une priorité. Il est évident que les habitants du pavillonnaire pourront composter, réduire ainsi le poids de leur poubelles et qu’à budget constant, ce sont les zones d’habitat dense qui paieront la différence. Il faut donc pouvoir proposer pour ces zones des solutions de compostage afin d’avoir une équité sur l’ensemble du territoire.
Le «compostage à tous les étages» se décline donc selon les possibilités:
- lombricomposteur dans les appartements
- composteur en zone d'habitat pavillonnaire
- composteurs de 600 litres alignés en pied d’immeubles (au minimum trois, l’un pour la décomposition, l’autre pour la maturation, le troisième pour stocker le broyat de déchets verts à ajouter aux bio déchets)
- pavillons à partir de 1 m3 pour les grands ensembles avec espaces verts disponibles sur le modèle de Compostri à Nantes
- composteurs électro-mécaniques pour les zones sans espaces verts.
La mise en œuvre nécessite des partenariats multiples: services voirie et espaces verts des collectivités, syndics et gestionnaires de copropriétés, bailleurs sociaux, associations de locataires, maisons de quartiers, structures participatives des collectivités... l’occasion de rencontres enrichissantes et appréciées, où la notion de démocratie participative et d’autogestion prend un sens concret.
Dans l’habitat social, la mise en place de la redevance incitative et du compostage fait remettre à l’ordre du jour les problèmes récurrents: qualité du tri, incivilités etc. L’obligation de réussir pousse alors à la création de nouveaux outils de communication, en particulier un «guichet unique», commun à toutes les collectivités concernées, pour mieux répondre aux questions des habitants. D’autres initiatives sont en gestation afin que le compostage acquière une connotation positive, par exemple la création de jardins en pied d’immeuble.
La voie choisie n’est pas la plus facile car elle nécessite d’être inventif, réactif, constamment à l’écoute des habitants.
Mais elle répond aussi à leur demande: proposer des solutions simples, qui leur permettent de participer à la sauvegarde de l’environnement et à créer du lien social.
Article publié dans la revue "rouge&vert" par Marie-Odile Crabbé-Diawara, Vice-Présidente SYBERT, Déléguée à la valorisation de la matière organique.
14 dé, 2011
groupe de travail pour la reduction des déchets sur les coteaux
Si vous avez envie de participer à un groupe d'échange et de travail pour réduire nos déchets sur les coteaux de Bagnère en réponse au projet de décharge, envoyez nous votre contact à <viveletri65@yahoo.fr>.
Les premiers axes de travail pourraient être:
-le compostage
-le tri
-consommer autrement, local, écologique, qualité et moins emballé.
Proposez nous d'autres idées!
9 dé, 2011
N'envoyons pas nos déchets sur Mars!
Nous ne voulons pas d'une décharge sur les Coteaux!
Tout en exprimant notre refus et notre mécontentement, n'est-ce pas là une belle occasion d'imaginer ce que pourrait être une gestion des déchets cohérente et responsable, qui nous satisfasse tous?
Car que faire des 300kg de déchets généré par chaque habitant du département, soit 50.000 tonnes à l'année?
Voilà un sérieux défi posé aux élus!
Mais en déléguant nos poubelles aux communes, qui elles-mêmes délèguent à la communauté de communes qui elle-même délègue au département, ne peut-on pas y voir un moyen de se "décharger" d'une tâche que nous pourrions petit à petit nous réapproprier?
Certes les obstacles sont nombreux: des supermarchés qui sur-emballent leurs produits, des décisions politiques qui manquent d'ambitions, des intérêts financiers qui freinent les innovations, des concitoyens pour qui le tri n'est que perte de temps, etc...
Pourtant certaines villes l'ont prouvé, des pratiques généralisées et systématisées telles que le compostage des matières organiques, un tri rigoureux, une consommation moins importante et davantage tournée vers les producteurs locaux et vers des produits de qualité peuvent faire une réelle différence sur le poids de nos poubelles!
Ne peut-on pas y voir une piste pour éviter d'en arriver à des luttes comme celle que nous menons aujourd'hui?
Pour autant, nos habitudes ne se transforment pas du jour au lendemain. Il pourrait être intéressant de réfléchir collectivement à des programmes d'action à proposer aux élus, aux moyens pour se soutenir mutuellement dans nos démarches et partager nos savoirs, etc...
C'est la somme de nos modestes actions qui peuvent amener de grands changements!
Si vous avez envie de participer à un groupe d'échange et de travail pour réduire nos déchets sur les coteaux de Bagnères en réponse au projet de décharge:
Envoyez nous votre contact à: <viveletri65@yahoo.fr>
Plus d'infos contre la décharge sur les coteaux sur Vigie des Coteaux.

